Discussion de café

Après deux jours passés dans sa guesthouse, le manager me rappelle pour répondre à ma première demande. What did you want to know about indian believes ? Le personnage est fort de caractère. Isolé dans sa petite salle sans fenêtre, vissé sur son siège, il gère ses quelques employés d’une main ferme. Ses braillements traversent les quatre étages du vieil haveli bleu (maison traditionnelle) par le patio central. Il semble aussi sympathique que colerique. Scotché sur son écran ou accroché au téléphone pour répondre à la moindre demande de ses clients, il n’escalade les marches qui mènent au toit que pour prendre un, deux ou plusieurs verres de whisky.

Il avait balayé mes questions du premier jour aussi rapidement qu’il encaisse les clients. A présent, il semble plus disposé. Personnage direct, attaque frontale. What are your believes about death ? Do you feel any emotions thinking about your own death ? Je vais vous dire ce que je pense de la mort moi ! La première vérité est que tout le monde ressent la peur et que quoiqu’on en dise cette peur existe. Elle arrivera quand elle arrivera ! Une vérité, une explosion de paroles qui sonnent peut-être comme un détachement sur un fond de gêne face a la mort.

L’interlocuteur insiste sur cette seule vérité pour ajouter que chacun de nous sent interieurement venir le moment ou la vie s’échappera de notre corps. Un bref intermède colerique survient alors pour dénoncer la corruption des médecins face aux villageois : pour certains maux bénins, ils sont envoyés vers des cliniques commissionnées et vendent bijoux, terres et maison pour sauver leurs femmes malades.

Ce court interview se termine aussi abruptement qu’il a commencé sur la question du suicide. La réponse est sans appel : personne ne peut avoir envie de se suicider ! Seuls les musulmans le pratiquent selon une règle religieuse en jurant sur le Coran.

Ces quelques minutes illustrent sous un certain angle les trois traits principaux que je retiens jusque-là de notre étape en Inde :

  • Une acceptation générale de la mort conduisant a des comportements jugés risqués par notre culture occidentale.
  • De cette acceptation (ou fatalisme), culturelle et religieuse, se dégage une grande force vitale dans chacun des interviewés.
  • Enfin, la place de la culture populaire est importante comme le dépeint l’opinion de Yogi sur le suicide.

2 réflexions sur “Discussion de café

  1. Je suis contente de voir que tu trouves des personnes prêtes à te faire avancer sur ton projet. La différence de perception entre Dinesh et ce monsieur est intéressante, j’attends de voir ce que donneront les prochains témoignages 😉
    Bon courage pour la suite !

  2. Merci pour ton petit commentaire ! Effectivement, la perspective de l’echange n’etait pas la meme. Je garde les interviews filmes et enregistres pour la fin du projet, j’ai choisi de ne pas tout partager sur le blog. A venir, certainement des articles moins personnels et plus generaux !

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